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LA TOSCANE ET SA POTERIE TRADITIONNELLE


    La Toscane, c'est d'abord un rève éveillé, une douceur de vivre incomparable.


    Elle a fait battre le coeur de nombreux artistes, tel Marcel Proust qui écrivait " Quand je pensais à Florence c'était comme à une ville miraculeusement embaumée et semblable à une corolle parce qu'elle s'appelait la cité des Lys et sa cathédrale sainte marie des fleurs " (...) " Je traversais rapidement pour trouver plus vite le déjeuner qui m'attendais avec des fruits et du vin de Chianti, le ponte vecchio encombré de jonquilles, de narcisses et te. Voilà, bien que je fusse à Paris ce que je voyais et non ce qui était autour de moi".( Marcel Proust, Du côté de chez Swann, 3 eme partie Nom de pays: le nom ). Il se rendra ensuite à Florence à plusieur reprises admiratif de la ville, de sa beauté, de ses monuments et trésors artistiques, mais aussi de sa douceur de vivre. Stendhal etait également un grand admirateur de l'Italie, et de Florence en particulier. Il a d'ailleurs donné son nom à un syndrôme psychologique, traduction médicale d'un véritable "choc esthétique", caractérisé cliniquement par une état de sidération devant la (trop ?) grande beauté des oeuvres (architecturales, picturales, etc,,,) dont regorge Florence. Lors d'un voyage en Italie, Stendhal, alors qu'il visitait une église à Florence, fit lui même un malaise qui l'obligea à s'asseoir pour reprendre des forces.

  
 La Toscane côté paysages, ce sont les collines, à perte de vue, plantées d'oliviers ou de vignes. D'adorables maisons isolées ou groupées en charmants villages, souvent abritées de cyprès, lészardent au soleil. Côté jardins, elles sont cernées par ces fameux pots en terre cuite abritant des lauriers roses, des lavandes, des lantana, des bougainvilliers, et surtout des agrumes.


    Parmi les nombreux trésors toscans, les poteries en terre cuite ne sont pas les moindres !


    Les Etrusques qui vécurent du 7 ème au 1 er siècle avant JC en Étrurie, un territoire correspondant grossièrement à la Toscane actuelle, puis ensuite les Romains, cherchaient des récipients capables de conserver et transporter le vin, l’huile d'olive ou encore d’autres produits. Ils avaient remarqué que les jarres fabriquées à partir l'argile de certaines collines, en particulier dans les vallées des torrents Ema et Greve, remplissaient parfaitement cet office. Cette terre particulièrement riche en silicium, en fer et en cuivre est appelée localement « terra turchina », c'est à dire "argile bleue". La terre cuite de Toscane ("terracotta") était née. Au moyen âge (11 ème siècle), le commerce de la terracotta pris son essort et la une tradition artisanale s’est pertpétuée jusqu’à nos jours. L'utilisation de cette précieuse argile se divise encore aujourd'hui d'une part en une production de "pavimenti" (tuiles, carrelage, etc... qui recouvrent en particulier la fameuse coupole de Brunelleschi à Florence) et d'autre part en la fabrication de pots et décoration artistiques pour le jardin. Ces terres cuites sont aujourd'hui connues et commercialisées dans le monde entier.


    Historiquement, c'est dans la région d'Impruneta que sont fabriqués les premiers pots en terre cuite si solides et résistants au gel que les jardiniers vont se transmettre de génération en génération. De nos jours, d'autres centres de production sont situés un peu partout en Toscane, en particulier dans la région de Montelupo, ou encore près de Sienne. La tradition d'Impruneta de résistance au gel et de travail à la main est conservée par les autres sites de production ont réussis à produire des pots plus légers, ce qui facilite grandement leur manipulation.

A l'occasion d'un prochain voyage en Toscane, ne manquez pas de visiter les ateliers de production de terracotta ou de belles demeures Toscane, et surtout leurs jardins, comme par exemple la villa la petraia ou encore laVilla Castello. Sinon, en attendant, pourquoi ne pas visiter Maison en Toscane ?

HISTOIRE DE LA TERRACOTTA:

    L’argile est un matériau pauvre, primitif, il est travaillé dans le monde entier depuis des époques très lointaines, mais c’est en particulier dans la péninsule italienne que l’homme a depuis toujours façonné des objets et des formes utilitaires avec la terre.

    Le modeste bol, la cruche pour l’eau et le vin, les jarres pour l’huile ou pour le grain ainsi que les briques et les tuiles pour la construction; Tant de l’habitation paysanne que celle de grand luxe, furent confectionnés et modelés avec de l'argile. De même, des objets élégants en terre cuite, amphores et plats décorés ornaient les riches demeures de la Renaissance italienne. L’argile est aujourd’hui encore la matière qui sert à modeler, puis créer les objets les plus différents, que ce soit pour un usage décoratif ou immobilier, selon un travail artistique, artisanal ou industriel.

    Les premiers témoignages de la réalisation de d'objets en terre cuite dans certaines zones du Chianti remontent au XI° siècle; un document authentifié de 1098 indiquent que des tuiliers travaillaient sur le territoire d’Impruneta à cette époque. En 1308, il existait déjà une corporation locale qui réunissait les fabricants de jarres et de cruches et qui, de par son statut, avait pour but de protéger et réglementer la production des terres cuites.

    On trouve dans les archives municipales et paroissiales d’Impruneta, ainsi que dans les archives d’Etat de Florence, de nombreuses sources documentaires qui montrent comment, quand et combien la production de terre cuite - du XV° jusqu’à nos jours – a caractérisé non seulement l’économie, mais aussi la vie sociale du territoire d’Impruneta et est devenue l’élément fondateur d’une culture spécifique, d’une civilisation originale, celle de la "terracotta", couramment appelée ainsi  aujourd’hui.

    Il est bien connu que Brunelleschi, le célèbre architecte du XV ème siècle, choisit la terre cuite d'Impruneta pour construire la coupole de la cathédrale Santa Maria del Fiore à Florence car ce matériau offrait à la fois des caractéristiques de solidité et de légèreté – la voûte de la coupole n’a en effet aucune armature de soutien – que seule la terre cuite peut donner. Peut-être qu’une technique ou un gâchage différent, par rapport aux autres édifices florentins du XI éme siècle furent utilisés pour les briques de la coupole, mais il est certain que l’architecte était très exigeant et assurait que les briquetistes d’Impruneta fournissaient des matériaux parfaits. Au cours des siècles, des dynasties de briquettistes, des familles d’artisans naquirent à Impruneta et se transmirent leurs savoirs, l'améliorant constamment, pour finalement le transformer en un véritable art.

    Ainsi nos sources citent – parmi tant d’autres – la famille Casini, les Falciani (qui donnèrent leur nom à un hameau près d’Impruneta), mais aussi les Vantini, les Soderi et les Vanni qui œuvrèrent au XVIII ème siècle. Sans oublier les Ricceri et les Agresti, toujours actifs depuis le XVIII ème siècle. A la même époque, il y eut un accroissement du nombre des briquettistes grâce à l’abolition, par du Grand Duc Léopold de Lorraine, de la taxe sur les ‘terres d’argiles’ et l'instauration d'une certaine liberté dans le commerce des terres cuites.

    Florence devenue capitale du Grand Duché de Toscane, ce fut le début de grandes transformations immobilières et urbanistiques et la production de terre cuite connut une période faste. Les caractéristiques de l’argile locale furent étudiées dans l’intention d’en améliorer encore la qualité. Au début du XIX ème siècle, mais surtout à partir du début du XX°, certains mécanismes industriels furent introduits dans les poteries et qui permirent une production à plus grande échelle, plus particulièrement pour les matériaux destinés aux bâtiments.

    Apparait alors une nette distinction entre le travail industriel et le travail artisanal. La production industrielle de briques pour la construction et le dallage, des tuiles et des tuiles imbriquées était, et est aujourd’hui encore l’activité principale.  Ayant acquit de surcroit un indéniable savoir-faire commercial, la production indistrielle s’oriente surtout vers la réalisation de dallages en terre cuite et d’autres produits à haute valeur ajoutée.

    La production artisanale de la «terracotta» est fondée aujourd’hui – comme par le passé – sur le travail manuel. Assisté par très peu de moyens mécaniques et toujours rudimentaires, l’artisan de la terre cuite d’Impruneta a maintenu son ancienne tradition de produits faits  à la main, destinés aussi bien à la maison qu'au jardin. Par ailleurs, il exerce également son art pour la restauration de pièces anciennes, en adéquation avec la tradition des formes au charme d’antan, mais aussi tourné vers l'avenir, il recherches de nouvelles formes et couleurs qui s'adressent à la clientèle d'aujourd'hui.

    Enfin, précisons qu'en Toscane on ne produit pas de vase ou des jarres en série refusant une "industrialisation" du processus de fabrication qui dénaturerait profondement le produit. Chaque pièce manufacturée est une pièce unique, différente, bien qu'elle soit semblable à ses "soeurs", et toutes réunies sur le devant de la manifacture, elles nous invitent à écouter leur histoire.

De l'argile à la terre cuite:  composition caractéristique et cycle de production

    L’argile, élément de base pour la production de terre cuite, est extraite des carrières à ciel ouvert, près d’Impruneta, localité proche de Florence, entre les vallées des torrents, Ema et Greve mais aussi autour de Montelupo ou encore Sienne.

    La zone d’extraction est limitée – environ 200 km² – par conséquent la valeur de ce matériau est remarquablement préservée. Géologiquement il appartient à l’ensemble des roches allochtones. Plus simplement, il s’agit de terrains constitués de marnes calcaires et d’argiles écailleuses.

    Parmi les composants chimiques les plus spécifiques il faut citer l'oxyde de fer qui permet la coloration du produit cuit en un rouge caractéristique et les sels de carbonate de calcium qui donnent au produit fini des caractéristiques de perméabilité et de porosité particulièrement importantes pour les récipients en terre – vases de jardin, pots de fleurs – mais aussi pour les jarres à huile, puisqu’ils empêchent la stagnation d’eau et assurent au contenu une bonne aération.

    Une fois l’argile extraite, elle est conservée au soleil, puis est tamisée afin de séparer et d'éliminer les nombreux matériaux indésirables (grosses pierres, ...). Cette opération ne peut être que manuelle. Puis, grâce à la mouture réalisée avec des lourdes machines à broyer, on obtient une poudre - plus ou moins granuleuse – qui est passée au crible et finalement stockée dans un silo. La terre est ensuite mise dans des "big bag" afin d'être disponible dans les ateliers.

    Vient ensuite la phase de gâchage. Elle est grandement conditionnée par l’habileté et l’expérience de l'artisan. Il existe bien sûr des "trucs", des astuces, pour améliorer le produit fini, mais c’est avant tout le talent, le travail et la présence constante de l’artisan et son savoir-faire qui vont permettre d'obtenir un mélange d'argile parfait !


Le travail de l'argile

    Puis la mise en oeuvre proprement dite commence. Elle peut être exécutée principalement de deux façons.  En moulage, au « guscio », ou manuellement, (« colombino » ou « posteggiatura ») ce qui a pour conséquence de rendre chaque pièce unique.

    Pour le "guscio" ("coquille" en italien), on emploi des moules en plâtre. Ces moules sont souvent présents dans l'atelier depuis des générations, légués de pères en fils. Pour les nouveau modèles, ils sont obtenus en moulant les créations originales des potiers ou en utilisant un modle ancien à copier. Puis les différentes parties d'un moule sont délicatement assemblées et maintenus par une sangle. Ensuite, les boudins de terre sont appliqués en premier au fond du moule puis sur les parois. Ils sont alors repoussés vigoureusement avec le poing ou l'avant bras afin d'épouser parfaitement les reliefs du moule. Ce travail peut prendre quelques minutes à quelques jours selon la taille du pot. Lorsque la terre a suffisamment séchée pour ne pas s'affaisser sous son poids, les moules sont retirés.

    Pour la technique ancestrale dite « colombino » ou « posteggiatura », elle ne s’effectue pas avec un tour mais c'est le potier qui tourne lui même autour du pot. Ainsi, progressivement, par l’adjonction en forme de spirale de boudins d’argile le vase acquiere sa forme. Un pot n'est pas façonné en une seule fois. Ce n'est que quand la base est suffisament solide après avoir un peu séché que le travail des parties supérieures pourra ëtre entamé. Mais le travail est loin d'être terminé. Les parois sont encore brutes avec des imperfections qui vont être corrigées à la main. Il ne s'agit pas de seulement de lisser à la main les surfaces mais aussi d'affiner avec soin tous les éléments en relief.

    Quand le pot est achevé, il est prêt pour la phase délicate du séchage pendant laquelle l’évaporation de l’eau réduira les dimensions de l’objet d’environ 10%. La durée du séchage dépend de chaque pot et des conditions météorologiques et les pots deviennent de plus en plus gris. Une fois le pot sec, débute la délicate phase de cuisson au cours de laquelle la température va arriver entre 930 et 1000 ° C. La cuisson dans des fours ("fornace"), s'effectue en deux temps. Lors de la première phase, qui dure 22 à 24 heures, la température est montée progressivement juqu'au maximum recherché, ceci afin d'éviter les déformations excessives. Puis, lors de la seconde phase, cette température est maintenue pendant 10 à 12 heures. Parfois des pièces éclatent ou s'effondrent sur d'autres pots ce qui anéantit le travail de plusieurs semaines

    Deux jours après la cuisson, les pots sont retirés du four puis abondamment arrosés avec de l’eau. La cuisson demande beaucoup de savoir-faire principalement lors de la répartition des pots dans le four. En effet, ce qui va donner la couleur définitive du pot, de rose clair à rouge, c'est la façon dont le pot sera cuit. Ainsi, pour la couleur des terracotta, il n'existe pas de "bains" mais simplement des différences de cuisson qui donnent d'ailleurs une caractéristique unique à chaque pot..



UNE MAISON EN TOSCANE

Terracotta d'Italie